Mardi 16 Mars 2021 bilan après un an de privation et d'isolement causé par le COVID
Il y a un an jour pour jour je quittais le bâtiment Charmille situé 10 avenue du Québec dans le parc SILIC de Villebon sur Yvette. L’ambiance était apocalyptique l’entreprise ressemblait au TITANIC après avoir heurté l’iceberg. Le service IT (technologies de l'information) s’activait à configurer tous les ordinateurs portables de la société en vue de mettre en télétravail tous les collaborateurs éligibles. Le matin j’avais annulé mon pot de départ en retraite qui était prevu le lundi 23 mars, ma retraite officielle était prévue le mercredi 1er avril 2020. Il me restait 11 jours à travailler. A midi ma décision était prise j’arrête ce soir, pas question de jouer à la roulette russe avec ce virus en provenance de chez les GOOK, ce coronavirus est potentiellement mortel comme une balle dans le barillet d'un révolver. Ici le revolver était remplacé par la bétaillère le bus N° 22 assurant la navette entre la gare de Massy et la zone du parc d'activités de Courtabœuf. Vers 18h00 je quitte l’entreprise tout le monde à quitté le navire, j’ai un présentiment que jamais j’y remettrais les pieds. Mon cartable dans ma main droite et un sac plastique contenant mes effets personnels dans ma main gauche dont mon mug avec lequel je prenais mon café avec mes collègues le matin et à midi en revenant de l'Acacia (le restaurant d’entreprise).
Je décide de regagner à pied la station RER de Lozère en laissant derrière moi 36 ans, 11 mois et 15 jours passés à travailler dans le groupe THALES. Demain je n’aurais plus de lien de subordination qui me lie à un employeur. La météo est typique de l’époque transitoire entre l’hiver et le printemps. Je quitte l’avenue du Québec passe devant le restaurant « A table » ou j’ai mangé quelques fois avec mes collègues. Je tourne à droite dans l’avenue de la baltique et je continu dans l’avenue de Norvège, la rue de Finlande ou je m’arrête sur un banc pour lancer un appel sur le relais radioamateur de LINAS « F5ZMH » fréquence 145,7375 MHz en modulation de fréquence avec ma dernière acquisition le BAOFENG UV-5R Plus. Malheureusement personne est à l’écoute. Ils sont tous dans les grandes surfaces à acheter du papier toilette et du sucre en vue du confinement qui commence demain midi. Je le bascule sur la bande FM et écoute France Inter sur l’émetteur de TDF La Plesse situé au bout de l’avenue du Québec fréquence : 95,4MHz j’écoute également France Musique 97,1MHz et France Culture 98MHz sur le même émetteur.
Je continu de marcher vers Lozère à droite rue Millet, à gauche rue de Montreux et je descends les marches qui m’emmène vers la rue Daubigny, je passe sous le pont de la D188, la rue des cascades, la place des Suisses, je traverse aux feux et remonte à gauche l’avenue du Général de Gaulle (D988) passe devant la grande pharmacie de Villebon et tourne à droite dans la rue de Bretagne. Personnes dans les rues, un drôle de sentiment m’envahit, l’impression qu’on vient de prendre une bombe à neutron sur la gueule, le discours du président de la république vendredi 13 mars 2020 annonçant la fermeture des écoles, des commerces dit non essentiels et le confinement annoncé pour demain. Je n’aurais jamais imaginé vivre une pandémie comme à l’époque des épidémies de peste et je pense au roman d'aventures écrit par Jean Giono « Le Hussard sur le toit ». Comme vous savez j’adore marcher avant de travailler chez THALES j’étais militaire. Je tourne à gauche vers la rue de Provence, au bout je tourne à droite la rue Henri Poincaré et passe le pont sur la rivière l’Yvette. Je laisse à gauche l’école Roger Ferdinand, la rue est pentue, enfin la dernière ligne droite la rue Alfred de Musset à gauche le petit parc Théodore de Banville et face à moi les caténaires de la station RER de Lozère. Personnes sur le quai, l’ambiance est bizarre et pesante.
15 minutes à attendre la rame qui va m’emmener vers Bourg-la-Reine, j’en profite pour appeler mon frère qui depuis vendredi est au chômage partiel. Nous échangeons sur la pandémie et je prends des nouvelles de ma maman qui est paralysée et dont avec mon autre frère ils s’occupent avec un extrême dévouement. Le RER arrive j’interromps la communication et rentre dans la rame ou il y a très peu de monde. Je remonte mon foulard sur ma bouche et mon nez instinctivement pour me protéger. En tant qu'ancien combattant de la guerre froide je me rappelle les formations NBC (arme nucléaire, radiologique, biologique et chimique). A l’époque je ne savais pas que c’était la dernière fois que je parcourais ces paysages familiers : Palaiseau – Villebon, Palaiseau, Massy – Palaiseau, Massy – Verrières, Les Baconnets, Fontaine – Michalon, Antony, La Croix de Berny, Parc de Sceaux et me voici à Bourg la Reine localité ou je réside depuis 28 ans. Je n’aime plus cette ville qui est devenu un lieu prisé par les bobos parisiens fuyant les ventes à la découpe de la capitale. J’allais vivre un début de retraite très compliqués qui commençait le lendemain par le confinement de la population Française (interdiction de déplacement) qui allait se terminer le 10 Mai. 1 mois et 25 jours à résidence forcée dans mon gourbi du 173TER avenue du Général Leclerc (immeubles IN’LI).
Pour le survivant des 40 piteuses que je suis. Il fallait qu’on se sorte de cette situation. Sylvie avait repéré sur un site immobilier une petite maison avec un jardin et garage dans un petit lotissement à Dol de Bretagne. Nous étions en contact téléphonique avec l’agent immobilier. Le lundi 8 juin nous la visitions, pour moi c’était la maison de mes rêves dans le pays Malouin. Le 25 Août nous devenions propriétaire et le lundi 21 septembre 2020 nous emménagions. 175 jours soit 5 mois et 24 jours plus tard, nous vivons en Bretagne et aujourd’hui je tourne la page de ma vie d’avant. Le score du COVID-19 en France après un an de pandémie a coûté la vie à 90146 personnes. Je fustige l’incapacité du gouvernement Français à gérer cette pandémie meurtrière et rêve de voir aux commandes de la France en 2022 le général pierre De Villiers ou Philippe Juvin.
Les illustrations photographiques proviennent de mon SAMSUNG ANDROÏD la première représente les marais de Dol-de-Bretagne à la tombée du jour un soir d’hiver. Mon gourbi Réginaburgien à 7h00 le lundi 21 septembre 2020 le jour de mon départ et le soir le camion des déménageurs photographié depuis la fenêtre de mon bureau à Dol de Bretagne. Les deux localités sont distantes de 300 kilomètres à vol d’oiseau. Le 13 avril 2021 je me fais opérer de la cataracte de mon œil droit.
A bientôt, KENAVO,73, Éric, F1HDE





