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Dimanche sur l’aérodrome de Lognes en Seine et Marne ce magnifique hélicoptère de collection immatriculé F-AZYQ de marque EUROCOPTER France, modèle SE 313 B ALOUETTE II N° de série 1003, Construit en 1956. Ayant successivement appartenu à l’Aviation Légère de l’Armée de Terre (ALAT - GALDIV 4) avec l’immatriculation F-MCXA, dans la vie civile il a d’abord utilisé à partir du 25 janvier 1990 l’immatriculation F-GIJE avec 9 entités propriétaires différentes, la dernière sous cette immatriculation était « HELI TECHNIQUE ». A partir du 6 septembre 2013 il a obtenu l’immatriculation d’hélicoptère de collection F-AZYQ propriétaire même lieu même adresse sauf l’appellation qui change et qui devient « LES ANCIENNES PALES » dont le propriétaire est Pascal PETITGENET qui en 2007 avait traversé l'Atlantique-Nord avec cet hélicoptère. D'île en île, de la banquise à la calotte glaciaire, cinq petits hélicoptères ont rallié, depuis l'héliport parisien d'Issy-les-Moulineaux, le meeting mythique d'Oshkosh au nord de Chicago par le cercle polaire. Ce raid Héli Venture 2007, même à bord d'une machine moderne fiabilisée, reste un pari osé. La faible autonomie de l'hélico, de l'ordre de trois heures, oblige à passer par le Grand Nord pour parcourir des étapes relativement courtes : Écosse, Islande, cercle polaire au Groenland, puis l'extrémité septentrionale du Canada. C'est aussi la route la plus longue, avec 9 000 kilomètres, 26 étapes et une cinquantaine d'heures de vol. Au-dessus de l'Atlantique-Nord, un faux pas - dû à un moteur récalcitrant ou à une météo incertaine - n'est pas sanctionné par un atterrissage en campagne, mais par un posé, au mieux sur la calotte glaciaire ou sur le permafrost au milieu des ours et des loups, au pire dans une eau inférieure à 2 °C. Le temps de survie se compte alors en minutes. Pour ces aventuriers du ciel, le raid Héli Venture, imaginé par Gérard David, président de l'Union française de l'hélicoptère, est aussi l'occasion de célébrer le centenaire de l'hélicoptère. L'aéronef à voilure tournante, suggéré par Léonard de Vinci, a été, en effet, inventé par trois Français (Cornu, Breguet et Léger) en 1907.

 

Une Alouette cinquantenaire pour fêter un centenaire

Le Groenland se mérite. Depuis Reykjavík, en Islande, il faut d'abord gagner Kulusuk sur la côte est, puis Kangerlussuaq de l'autre côté de la calotte glaciaire. En gros, il s'agit de suivre le cercle polaire. Cela semble facile sur une carte. La réalité est toute différente, avec une prévision météorologique guère souriante, annonçant une dépression et des températures négatives dès 2 500 mètres. Conséquence : moteur, rotor et instruments peuvent givrer et provoquer un crash. Tous les participants ne trouvent pas le bon créneau météo. Les équipes qui participent à Héli Venture, le temps de se regrouper, passent une nuit imprévue à Kulusuk. L'approche de cette piste en gravier, cachée derrière une colline, est somptueuse. Il faut virer entre mer et pics au-dessus des icebergs. Les glaciers tombent des montagnes et viennent mourir dans la mer. La glace bleutée se reflète dans l'eau turquoise : imaginez le massif du Mont-Blanc se jetant dans les eaux polynésiennes.

 

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Pour fêter ce centenaire de l'hélicoptère, Pascal PETITGENET et David DAHDI ont choisi un appareil cinquantenaire. Leur Alouette II, numéro 1 003, troisième appareil de la série, date de juin 1956. Ancien de l'aéronavale, considéré comme l'un des meilleurs mécaniciens en voilure tournante, Pascal l'a restaurée dans son état d'origine. Avec une vitesse de 160 km/h, le tout premier hélicoptère de l'ex-Aérospatiale reste lent par rapport aux Écureuil qui affichent plus de 210 km/h. Surtout, son poids, dû au carburant transporté pour des étapes longues, limite ses performances. Avec ses 3 000 mètres - l'altitude moyenne des Alpes, le Groenland s'avère être un mur pour la vénérable 1 003. Premier essai : "Je tenais le manche entre les genoux tellement il vibrait. Impossible de monter", raconte Pascal, qui décide d'atterrir au premier tiers de la montée.

 

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Nuit à la belle étoile sans Grande Ourse

Un rocher est considéré comme le meilleur choix pour atterrir au milieu d'une nature hostile. L'équipage, qui avait suivi un stage de survie avant le raid, passe la nuit sur la calotte glaciaire. Sans vraiment dormir dans la bulle du cockpit de l'Alouette, car la région est infestée d'ours blancs. Récemment, deux Brestois ont été attaqués par plusieurs de ces mammifères agressifs et affamés et ont dû les abattre. Mais l'équipage n'a pas de carabine à bord de l'hélicoptère...

 

Ces tenaces ne jettent pas l'éponge et décident, le lendemain, de continuer vers Oshkosh en allégeant l'aéronef de collection. Une quantité juste suffisante de carburant est embarquée pour arriver à mi-parcours. Un ravitaillement est toutefois organisé sur le site d'une ancienne station radar américaine de la guerre froide, au milieu de la calotte. C'est François Minard qui s'en occupe. Il apporte, avec son Agusta 109 - une machine biturbine rapide - des bidons de carburant en plein Groenland. Il joue le précieux rôle de chien de garde pour les pilotes. Des situations qu'il connaît bien, déjà vécues lors des nombreux Paris-Dakar qu'il a suivis. Du désert à la banquise, il n'y a que très peu de différence. Pierre Bergé, co-créateur de la maison de mode Yves Saint Laurent et ancien président de Sidaction, n'a pas pu prendre le départ d'Héli Venture aux commandes de cet Agusta qu'il pilote habituellement. Il l'a donc confié à François, son copilote habituel. La flottille se retrouve sur la côte ouest de ce territoire rattaché au Danemark, puis traverse le détroit de Davis, au nord de la mer du Labrador, où se rassemblent baleines et narvals l'été.

 

Les bruns plus civilisés que les blancs

 

Le Grand Nord canadien sera-t-il plus clément ? "Ici, les lacs dégèlent seulement en juillet et des rafales de neige peuvent arriver début août", explique le pompiste de l'aéroport d'Iqaluit, la première escale aux Amériques, dans le territoire du Nunavut. Depuis cet ancien comptoir de la baie d'Hudson jusqu'aux Grands Lacs américains, la traversée du Canada, longue de 3 500 kilomètres, est interminable. Héli Venture arrive néanmoins à temps pour défiler en ouverture du meeting d'Oshkosh.

 

Les équipages survolent d'abord des paysages lunaires avec une maigre végétation, puis les rochers disparaissent dans les forêts parsemées de lacs. En l'absence de lignes électriques et, en général, d'obstacles créés par l'homme, les hélicoptères peuvent voler à basse altitude, enrouler les torrents et sauter les chutes d'eau. Mais dans cet environnement, une escale imprévue et obligée dans une clairière peut vite dégénérer. Les maringouins, ces moustiques gros comme des guêpes, attaquent. Autre familier des lieux avec les loups, l'ours, toujours curieux, peut s'intéresser de près à un hélicoptère. Les bruns seraient moins méchants. "Les blancs venus du pôle sont moins civilisés", affirment les Inuits. Les pilotes de brousse, ceux qui volent dans ces régions désertiques du Grand Nord, ont l'autorisation d'emporter un 357 Magnum pour se défendre. La loi canadienne les autorise à déduire cette arme de leurs impôts. Même l'aventure dans le bush est fiscalisée.

 

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Cet hélicoptère est magnifique et c’est sur le même type de machine que j’ai débuté ma carrière aéronautique en septembre 1983. Pour celui-ci basé à Lognes on aurait été loin de penser qu’il allait occuper la page des faits divers. Ma mise en garde au pilote soyez méfiant aux personnes qui viennent vous voir et vous sollicite pour faire des baptêmes de l’air, je vous rappel que notre pays est en guerre contre le terrorisme.

 

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Le pilote de l’hélicoptère ce dimanche était Stéphane BUY (65 ans) propriétaire de la société Aero Cover Event qui offre un Services VIP à la demande (Handling, voiturette, salons privatifs, réservations, etc..) depuis l’aérodrome de Lognes Emerainville. Il a malheureusement servi à libérer un dangereux criminel incarcéré au centre de détention de Réau (77), bien sûr après être pris en otage. Le 1003 n'était pas assurée casse (pour une raison de coût de l'assurance trop élevé pour l'association qui la gère et du fait qu'elle ne la confiait qu'à des pilotes chevronnés comme Stéphane BUY). Les dommages ne seront donc pas pris en charge ! Cet hélico, c’est une pièce du patrimoine français. La première Alouette est exposée au Bourget. La seconde s’est crashée. Celle-ci est la troisième sortie d’usine, en 1956. » Comme 99 % de ses congénères, elle a d’abord effectué son service dans l’ALAT, l’aviation légère de l’armée de terre, au sein de laquelle elle a passé 35 ans, notamment pour l’instruction. Au début des années 1990, l’armée s’en sépare. La « 1003 » est vendue sans égards par les Domaines dans un lot d’une vingtaine d’appareils que Pascal PETITGENET (57ans) acquiert, et dans lequel il découvre cette pièce unique. Je l’ai vu pour la dernière fois la semaine dernière à Meaux Air Show en statique.

Indochine - L'aventurier (Alice & June Tour à l'Opéra de Hanoï 2006)