Alors que des orages à répétition traversent la France depuis quelque temps, les idées reçues et toutes sortes de fausses informations réapparaissent sur les dangers, réels ou supposés, qu’ils représentent pour les avions. Qu’ils soient de chasse, de ligne ou de voltige : tous les aéronefs réagissent aux mauvaises conditions météorologiques. Éclaircissement.

 

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1. « Les Mirage ou les Rafale peuvent atténuer une cellule orageuse »

Faux. Cette légende circule souvent, mais elle est totalement fausse. Premièrement parce qu’il est impossible, pour des raisons de sécurité, de traverser un cumulonimbus. Ces nuages sombres en forme d’enclume sont les plus redoutables. Les courants ascendants y sont très puissants (jusqu'à 110 km/h) et, combinés aux courants descendants, ils entraînent un effet de cisaillement. Les orages sont toujours provoqués par des cumulonimbus. Ils peuvent parfois se transformer en tornades. Le souffle et la vélocité d’un avion de chasse, quel qu’il soit, ne déplacera, ne fendra, ne dissipera jamais une dépression. Cependant, rien n’empêche un chasseur d’être foudroyé. Le département « foudre » du centre de la direction générale de l’armement de Toulouse réalise des essais au profit de l’Armée de l’air, notamment au niveau système sur les Mirage 2000N et les Rafale.

Le givrage est extrêmement dangereux car il change le profil aérodynamique de l’aile de l’avion par accumulation de givre ; l’écoulement de l’air se modifie et l’avion s’alourdit. Ça peut aller jusqu’au crash.

2. « Un orage peut causer le crash d’un avion »

Vrai. L’orage est la manifestation météorologique la plus dangereuse pour l’aéronautique. Il génère à lui seul l’ensemble des phénomènes à éviter pour un avion (sévères turbulences, givrage fort, grêle, foudre). L’orage et la foudre ont un réel impact sur l’électronique de tout avion (chasse, ligne ou transport). L’autre danger, souvent minimisé, résulte de la décision de contourner l’orage. Le vol peut alors être mis en péril par manque de carburant ou par l’apparition d’une nouvelle cellule orageuse. Mais le plus grand danger météorologique pour les aéronefs est le givrage.

 

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3. « Les avions de l’Armée de l’air sont plus résistants que ceux de ligne »

Faux. Les avions quels qu’ils soient sont soumis aux mêmes phénomènes. Seuls le type d’aéronef et les équipements à bord font qu’ils sont plus ou moins sensibles aux phénomènes extrêmes des orages (équipements différents pour un avion école type Cirrus et un Rafale, par exemple). Pour les chasseurs, les prévisions devront être plus précises et les zones à éviter clairement ciblées. Ces appareils allant plus vite que les avions de transport. Aussi, le temps est un critère essentiel et déterminant. Quant aux Extra 330 SC de l’équipe de voltige de l’Armée de l’air, ils sont en carbone. « Que ce soit de près ou de loin, il faut absolument les éviter, le carbone supporte très mal l’électricité. Les Extra ne sont pas du tout prévus pour voler par tous les temps, mais uniquement pour des vols visual flight rules (VFR vol à vue) ». Les avions de ligne, quant à eux, ont plus de temps pour contourner les zones. La résistance dépend donc plus de la précision des prévisions météo que du type d'avion. Pour effectuer ces prévisions chaque jour, l’Armée de l’air compte aujourd’hui 151 prévisionnistes météorologues.

 

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Mylène Farmer - Du Temps